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Guide · Acheter une maison en Polynésie française

Acheter ta maison, sans mauvaise surprise.

Une jolie maison bien rangée, avec la lumière du matin, ça donne envie de signer tout de suite. C'est normal. Le problème, c'est tout ce que la mise en scène fait oublier : ce qu'on a le droit d'en faire, ce qui se cache derrière la peinture fraîche, ce que tu paieras vraiment. Tout ce qu'il faut regarder avant de te décider, pas du droit recopié d'ailleurs.

Guide de référence · 5 chapitres
Ma promesse

Je suis formatrice, coach et professionnelle de l'immobilier à Tahiti. Acheter une maison, c'est répondre à deux questions : est-ce que ce bien est fait pour ma vie ? et est-ce que j'achète vraiment ce que je crois acheter ? Le coup de cœur, c'est permis. Mais il vient après l'enquête, pas avant.

Chapitre 1Pose ton projet : sache ce que tu cherches avant de visiter

On se dit souvent qu'on « reconnaîtra le bon bien quand on le verra ». En vrai, sans cap clair, il se passe presque toujours la même chose : on visite beaucoup, on hésite, on compare des choses incomparables… et on finit soit par ne rien choisir, soit par craquer sur un coup de cœur qui ne cochait pas l'essentiel.

Le désaccord qu'on découvre trop tard. Si vous achetez à deux : rien ne plombe une recherche comme deux personnes qui croient chercher la même chose… et qui se rendent compte sur place qu'elles n'ont pas du tout les mêmes non-négociables. L'un veut le calme, l'autre veut être près de tout. Mettez vos cartes sur la table une bonne fois, avant d'ouvrir les annonces.

Trie tes critères en trois niveaux

  • Les non-négociables : ce sans quoi tu dis non, point. Budget plafond (chiffre-le avec ta capacité d'emprunt), nombre de chambres minimum, secteur, un accès réel et praticable. Si ta liste en compte douze, c'est qu'il y a du tri à faire.
  • Les importants : ce qui pèse lourd, mais se négocie, se compense ou s'aménage plus tard. Garage, pièce en plus, hauteur sous plafond.
  • Les bonus : le « ce serait génial si ». Le piège : laisser un bonus refuser une maison qui cochait tous tes non-négociables.

Va voir le besoin sous le critère

Un critère cache presque toujours un besoin plus profond. « Je veux 4 chambres » : est-ce vraiment 4 chambres, ou plutôt 3 chambres + un coin en plus (bureau, chambre d'amis) ? « Je veux une grande cuisine » : tu reçois beaucoup, ou tu cherches surtout de la lumière et un espace de vie ouvert ? Quand on remonte au vrai besoin, le champ des biens possibles s'élargit d'un coup.

L'emplacement : la seule chose que tu ne pourras pas changer

Tout se transforme, sauf l'emplacement. C'est la seule décision vraiment définitive de ton achat. La distance avec ton travail et la ville, en minutes réelles à l'heure où tu fais le trajet, pas le dimanche. La proximité de l'école : sur ton chemin, ou à contre-sens ? Le quartier, le voisinage, l'orientation. Tout le reste se répare ou s'améliore. L'emplacement, non.

Chapitre 2Les accès et la vraie vie du quartier

Une visite, c'est une photo à un instant T, souvent au meilleur moment. Ton job, c'est de voir au-delà.

L'accès : le point qu'on regarde en dernier alors qu'il devrait être le premier

Comment on arrive jusqu'à chez toi, vraiment ? Une route en bon état, ou un chemin qui devient une patinoire à la première grosse pluie ? Et surtout : est-ce que tu passes chez toi, ou est-ce que tu passes chez le voisin ?

Chez toi, ou chez le voisin ? Pour arriver jusqu'à pas mal de maisons en Polynésie, on emprunte un bout de terrain qui ne fait pas partie du bien : celui d'un voisin, ou un chemin commun. Tant que tout le monde s'entend, ça roule. Le jour où ça se fâche, ou le jour où le voisin vend, ça peut virer au casse-tête, et ça pèse sur la valeur à la revente. La vraie question : ce droit de passage est-il écrit noir sur blanc (une servitude actée), ou seulement toléré entre voisins ? Demande à le voir sur les documents, pas juste à te le faire raconter. Bon à savoir : un passage utilisé depuis des années ne devient pas un droit pour autant (article 691 du Code civil). Seul cas à part : un terrain enclavé, sans accès suffisant à la voie publique, peut réclamer un passage chez le voisin, contre indemnité (article 682 du Code civil). Ton notaire vérifie tout ça.

Les nuisances et le confort

Une visite un samedi à midi peut être trompeusement calme. La même maison à 17h en semaine, c'est une autre histoire : trafic, retour des écoles, engins du chantier d'à côté. Repasse à différents moments : un soir de semaine, un samedi soir. Dix minutes garées devant t'en apprennent plus que trois visites guidées. Et observe ce qu'on ne voit pas sur les photos : ensoleillement réel selon les heures, exposition au vent, ventilation, vis-à-vis pièce par pièce.

Chapitre 3Ce que tu pourras (ou non) faire de cette maison

Voilà la partie que la déco ne te dira jamais, et celle qui sépare un bon achat d'une grosse déconvenue. Tu n'achètes pas seulement une maison telle qu'elle est aujourd'hui : tu achètes ce que tu auras le droit d'en faire.

Le document qui répond à presque tout : la NRA

Il existe un seul document qui rassemble l'essentiel : la NRA (Note de Renseignements d'Aménagement). Une note officielle qui te dit, pour un terrain précis, ce que l'administration sait de lui.

La NRA, c'est ta radio du terrain. Là où la plupart des acheteurs se fient à ce que dit le vendeur, la NRA te donne la version officielle, écrite : la zone d'urbanisme, les risques naturels (PPR), le droit de préemption, la constructibilité, et les servitudes administratives. Elle se demande à la DCA (Direction de la Construction et de l'Aménagement), avec un plan de la parcelle (extrait du cadastre). Compte en général quelques semaines. Elle est obligatoire pour toute vente : le compromis et l'acte doivent reproduire une NRA de moins d'un an (Code de l'aménagement, art. LP 115-1).

Deux types de servitude à ne pas confondre

Servitude 1

Entre voisins (passage)

Ne figure jamais dans la NRA : c'est dans le titre de propriété du vendeur qu'elle est écrite. C'est elle qui dit si tu as un droit de passage acté ou seulement une tolérance.

Servitude 2

Administrative

Imposée par l'administration (ex : servitude de curage le long d'une rivière). Se trouve dans le titre et dans la NRA. Mais le titre photographie le jour de l'achat du vendeur ; la NRA récente rattrape ce qui est apparu depuis.

La NRA, c'est à l'agent de la demander. Un bon agent demande la NRA lui-même, dès la prise du mandat, pas à toi de courir après. Pose simplement la question : « tu as la NRA ? » Si oui, tu gagnes des semaines. Si on te répond « c'est quoi ? », c'est déjà une information sur le sérieux de l'accompagnement.

Le titre de propriété : le vendeur peut-il vraiment vendre ?

En Polynésie, beaucoup de terres sont en indivision, parfois depuis plusieurs générations, et certaines reposent sur des titres anciens (les tōmite). Avant de t'engager, assure-toi que le vendeur est bien seul propriétaire, ou que tous les indivisaires signent. C'est le notaire qui vérifie l'origine de propriété, mais pose la question dès la visite : un titre compliqué, c'est des mois de retard, voire une vente impossible. Pour aller plus loin : le guide de l'indivision.

Est-ce que je pourrai agrandir ?

C'est souvent le projet caché derrière l'achat : « on prend petit, on agrandira plus tard ». Encore faut-il que ce soit autorisé, et par où. Deux règles qui se superposent :

Règle 1

PGA ou Code de l'aménagement

Le PGA (Plan Général d'Aménagement) est le plan d'urbanisme de ta commune. Il dit ce qu'on a le droit de construire dans chaque zone. Là où il n'y a pas de PGA, ce sont les règles du Code de l'aménagement de la PF.

Règle 2

Les prospects

Les distances à respecter par rapport aux limites du terrain (voisins, route). Tu peux avoir le droit d'agrandir « sur le papier » et te retrouver coincé parce que la maison est déjà trop près de la limite.

« J'agrandirai plus tard ». Vérifié dans le détail, ce projet caché peut s'effondrer. La vraie question, avant le coup de cœur : qu'est-ce que je peux concrètement construire en plus sur ce terrain, et de quel côté ? Une fois signé, c'est trop tard.

Le cahier des charges du lotissement

La règle la plus stricte gagne toujours. Si la maison est dans un lotissement, il y a souvent un cahier des charges en plus de l'urbanisme. Entre PGA et cahier des charges : la règle la plus stricte s'applique. Trois questions à poser : peux-tu mettre plusieurs logements sur la même parcelle (studio à louer, parent à loger) ? La location courte durée est-elle autorisée (beaucoup l'interdisent) ? Une dépendance existante a-t-elle été construite avec autorisation ?

Le PPR : la carte des risques (à ne jamais zapper)

Le PPR (Plan de Prévention des Risques) est la carte des risques naturels d'une zone : inondation, submersion, glissement de terrain. Selon le niveau de risque (l'aléa), on peut construire normalement, sous conditions, ou plus du tout. Tu le découvres dans la NRA.

La zone a pu passer en rouge depuis la construction. Une maison bâtie il y a 15 ans en zone constructible… et la zone passée en risque fort depuis. Concrètement : si un jour tu veux agrandir, reconstruire après un sinistre ou faire de gros travaux, tu pourrais ne plus en avoir le droit. À vérifier dans quel niveau de risque se trouve la maison aujourd'hui, pas à l'époque de sa construction.

Et au moment de signer : le notaire et la DIA

La NRA dit aussi si le bien est dans une zone soumise au droit de préemption. Si c'est le cas, le notaire adresse à l'administration une DIA (Déclaration d'Intention d'Aliéner) : le Pays ou la commune peut alors acheter en priorité, à ta place. Il a 3 mois pour répondre (4 mois quand le Pays dispose d'un droit de substitution) ; sans réponse dans ce délai, la vente se fait librement. On dit qu'on « purge » le droit de préemption. Étape normale dans ces zones, pas un mauvais signe : ton conseiller immobilier et ton notaire pilotent ça.

Chapitre 4L'état réel du bien

Ici, on entre dans la maison et on l'inspecte vraiment.

Un défaut, ce n'est pas un « non » : c'est un prix. Une fissure, une piscine non déclarée, un chauffe-eau en fin de vie : ça ne veut pas dire « fuis ». Ça veut dire « achète en sachant exactement ce que tu achètes » pour négocier juste. Le vrai danger, ce n'est pas le défaut. C'est le défaut qu'on n'a pas vu.

La conformité : la maison a-t-elle le droit d'exister telle qu'elle est ?

C'est LA question de fond. Deux documents à ne pas confondre :

Sur une maison existante, il faut un permis de construire dès que les travaux créent plus de 20 m², touchent la structure ou le volume, percent ou agrandissent une ouverture extérieure, ou changent l'usage du bâtiment. En dessous, c'est en général une déclaration de travaux. Une construction neuve, elle, demande un permis quelle que soit sa taille, sauf petites exceptions (abri de jardin de 6 m² maximum, petite piscine…). Une maison peut très bien avoir eu son permis… sans jamais avoir obtenu sa conformité, parce que les travaux ont été modifiés, agrandis, ou jamais déclarés terminés. Très fréquent en PF, et pas forcément grave. Mais il faut le savoir avant, pas après.

Pas de conformité : les vrais risques

Les deux risques qui font vraiment mal.
  • Le courant. Pour un branchement définitif aux réseaux, le certificat de conformité est en pratique demandé : sans lui, tu peux te retrouver bloqué. Une maison qu'on ne peut pas alimenter, c'est tout sauf un détail. Vérifie auprès d'EDT.
  • La démolition. Construire sans autorisation est une infraction : amende jusqu'à 30 millions F CFP et remise en état des lieux possible (Code de l'aménagement, art. LP 117-1 et D 117-2). Un voisin qui subit un préjudice peut aussi agir en justice, parfois des années après les travaux : le délai dépend de son action, un avocat te le dira. Et l'irrégularité reste attachée au bien : c'est toi, nouveau propriétaire, qui en gères les suites.

S'ajoutent l'interdiction d'occuper ou de louer le logement sans certificat de conformité (art. LP 114-14 et A 114-38), et des futurs permis qui peuvent être refusés tant que la situation n'est pas réglée. Seule exception : quand la construction est achevée depuis plus de 10 ans, un refus ne peut plus, en principe, se fonder sur son irrégularité d'origine (art. LP 114-13). Bonne nouvelle : des travaux faits sans autorisation peuvent parfois être régularisés par un « constat de travaux », quand leur maintien est possible (art. D 116-7). Face à tout ça, la seule question qui compte : est-ce que c'est régularisable, et à quel prix ?

Achète sous condition, jamais à l'aveugle. Si la maison est régularisable mais ne l'est pas encore, tu peux acheter sous condition suspensive de régularisation : tu ne seras engagé que si la mise en conformité aboutit. Si ça capote, la vente tombe et tu récupères tes billes. Si le bien n'est pas régularisable, ça doit être écrit noir sur blanc dans le compromis, avec un document d'information signé en connaissance de cause, et le prix doit refléter le risque.

Les autres points d'inspection

Bon à savoir : en Polynésie, le vendeur n'a pas à te remettre de dossier de diagnostics comme en métropole (DPE, termites, électricité…). Personne ne fera l'inspection à ta place : en cas de doute, viens avec un artisan ou un expert, et vérifie avec ton notaire ce qui s'applique à ton bien.

  • Fissures et structure : toutes ne sont pas graves (esthétiques vs mouvement de structure). Si tu en vois, fais évaluer pour intégrer au prix.
  • Toiture et isolation : sous notre soleil, une toiture mal isolée transforme l'étage en four. Ventilation : ça respire ou ça garde l'humidité ?
  • Travaux et garanties : factures à demander. La garantie décennale couvre 10 ans, mais sans facture, pas de garantie.
  • Équipements : chauffe-eau (type, état), panneaux solaires (contrat, date). Postes coûteux à remplacer.
  • Assainissement : tout-à-l'égout ou fosse septique ? Âge, état, dernière vidange. L'assainissement fait partie de ce que contrôle le certificat de conformité.
  • Piscine : construite avec autorisation ? Un petit bassin (50 m² maximum, sans remblai ni mur de soutènement) en est dispensé, mais doit respecter les règles d'urbanisme ; au-delà, il faut une autorisation. Si elle manque, est-ce régularisable ?
  • Jardin / extérieurs : à vivre ou à reprendre ?

Chapitre 5Le piège du budget

Le prix affiché n'est qu'une partie de l'histoire : il faut y ajouter les frais de mutation (notaire, droits d'enregistrement). Deux réflexes t'évitent les mauvaises surprises.

Ne te fie pas à l'impôt foncier du vendeur

L'impôt foncier va être recalculé. Ne prends pas l'impôt foncier que paie le vendeur comme une indication de ce que toi, tu paieras. Cet impôt dépend de l'usage du bien et de sa valeur locative : le loyer si tu loues, une estimation de la DICP si tu y habites. Après la vente, elle peut être réévaluée, et une exonération en cours (construction récente) peut tomber si tu loues. Le montant actuel du vendeur n'est donc pas un repère fiable. Vérifie avec la DICP. Mieux vaut l'estimer en amont que de le découvrir sur ton premier avis.

Les critères de valorisation : tu achètes aussi ta revente

Garde un œil sur ce qui fait qu'un bien se revend bien ou mal demain : l'emplacement (compare les prix au m² par commune), l'accès, la luminosité, et tout ce qu'on peut faire évoluer (agrandir, diviser). Tu n'achètes pas que pour aujourd'hui, tu achètes aussi ta revente de dans dix ans. Une maison qu'on ne pourra ni agrandir ni transformer se revendra toujours moins facilement.

Boîte à outils

Toutes les check-lists de visite sont dans le guide.

Check-list accès & quartier, check-list « ce que je pourrai en faire » (NRA, agrandissement, lotissement, aléa), check-list état du bien (conformité, fissures, toiture, équipements), check-list budget, et les erreurs qui coûtent cher. Télécharge le guide, glisse-le dans ton sac.

Télécharge le guide complet

RepèreContacts utiles en Polynésie française

Le grand quiz

À toi de jouer · 15 questions pour devenir incollable

NRA, PGA, PPR, conformité, accès : 15 questions pour vérifier que tu sais ce qu'il faut vérifier avant de signer. À la fin, ton score sur 20 et un verdict.

Comment ça marche : tu choisis ta réponse, la bonne s'affiche aussitôt avec l'explication. Quand tu as répondu aux 15, ton score sur 20 s'affiche.

Réponses : 0 / 15
Bonnes réponses : 0
Question 01 / 15Vrai / Faux

« Une visite un samedi à midi me suffit pour juger du calme et de l'ambiance d'un quartier. »

Faux. Un samedi à midi peut être trompeusement calme. La même maison à 17h en semaine, c'est une autre histoire (trafic, retour des écoles). Repasse à différents moments : un soir de semaine, un samedi soir. 10 minutes garées devant t'en apprennent plus que 3 visites guidées.

Question 02 / 15Compréhension

Quel document officiel rassemble l'essentiel des règles d'urbanisme pour un terrain précis ?

Réponse : B, la NRA. Elle donne la version officielle écrite : zone d'urbanisme, risques naturels (PPR), droit de préemption, constructibilité, servitudes administratives. Se demande à la DCA, et l'acte de vente doit en reproduire une de moins d'un an. C'est la radio du terrain.

Question 03 / 15Vrai / Faux

« Le passage qu'on emprunte chez le voisin pour arriver à la maison, c'est OK tant que tout le monde s'entend. »

Faux. Une tolérance peut virer au casse-tête le jour où le voisin vend ou ne s'entend plus avec toi. La vraie question : ce droit de passage est-il écrit noir sur blanc (une servitude actée dans le titre du vendeur) ou seulement toléré ? Un usage, même ancien, ne crée pas de droit de passage (art. 691 du Code civil). Demande à le voir avant de signer. Sans servitude actée, la valeur à la revente en prend un coup.

Question 04 / 15Compréhension

Tu veux agrandir ta maison. Au-delà de quelle surface créée faut-il un permis de construire en Polynésie ?

Réponse : A, 20 m². Sur une construction existante, le permis est obligatoire dès que les travaux créent plus de 20 m², touchent la structure ou le volume, ou changent l'usage (art. A 114-6 du Code de l'aménagement). Sous 20 m², sans changement d'usage ni raccordement à l'assainissement : déclaration de travaux. Attention, une construction neuve demande un permis quelle que soit sa taille, sauf petites exceptions.

Question 05 / 15Vrai / Faux

« Une maison sans certificat de conformité est forcément invendable. »

Faux. Beaucoup de très belles maisons en PF n'ont pas leur conformité (travaux modifiés, jamais déclarés terminés). Pas forcément un piège, mais à ne jamais ignorer. La bonne question : est-ce régularisable, et à quel prix ? Si oui : achète sous condition suspensive de régularisation. Sinon : prix ajusté et écrit dans le compromis.

Question 06 / 15Compréhension

Une extension a été construite sans autorisation il y a plus de 10 ans. Tu demandes un permis pour de nouveaux travaux. L'administration peut-elle te le refuser à cause de cette vieille irrégularité ?

Réponse : C, en principe non. Le Code de l'aménagement le prévoit (art. LP 114-13) : quand une construction est achevée depuis plus de 10 ans, un refus de permis ou de déclaration de travaux ne peut plus se fonder sur son irrégularité d'origine, sauf si elle met en danger ses occupants ou des tiers, si elle est en site classé ou sur le domaine public. Avant 10 ans, l'irrégularité peut bloquer tes futurs permis. Et ça ne règle pas tout : sans certificat de conformité, occuper ou louer le logement reste interdit.

Question 07 / 15Vrai / Faux

« Le PGA, c'est le plan d'urbanisme propre à chaque commune. »

Vrai. Le PGA (Plan Général d'Aménagement) est le plan d'urbanisme d'une commune : il dit ce qu'on a le droit de construire dans chaque zone. Toutes les communes n'en ont pas ; là où il n'y en a pas, ce sont les règles du Code de l'aménagement de la PF qui s'appliquent.

Question 08 / 15Compréhension

Combien de temps la NRA est-elle valable ?

Réponse : B, 12 mois. L'acte de vente doit reproduire une NRA de moins d'un an (art. LP 115-1). Et si tu déposes une demande de travaux dans les 12 mois de sa délivrance, les règles qu'elle mentionne ne peuvent pas être remises en cause, sauf pour la sécurité ou la salubrité (art. LP 115-3). D'où l'intérêt d'en avoir une récente. Elle se demande à la DCA, avec un plan de la parcelle.

Question 09 / 15Vrai / Faux

« Si le cahier des charges de mon lotissement et le PGA disent des choses différentes, c'est la règle la plus stricte qui gagne. »

Vrai. La règle la plus stricte gagne toujours. Donc même si l'urbanisme t'autorise quelque chose, le cahier des charges peut te l'interdire. À vérifier avant tout projet : plusieurs logements sur la parcelle ? Location courte durée ? Dépendance existante avec autorisation ?

Question 10 / 15Compréhension

Le terrain est classé en aléa fort au PPR. Concrètement, ça veut dire :

Réponse : C, principe d'inconstructibilité, avec dérogation possible via étude technique. Aléa moyen : souvent constructible avec conditions (surélévation). Aléa majeur : inconstructible, sauf exception rarissime. Une maison déjà construite en aléa fort, c'est une maison que tu pourrais ne plus pouvoir reconstruire après un sinistre sans lourdes études.

Question 11 / 15Vrai / Faux

« L'impôt foncier que paie le vendeur est un bon indicateur de ce que je paierai après l'achat. »

Faux. L'impôt foncier dépend de l'usage du bien et de sa valeur locative (le loyer si tu loues, une estimation de la DICP si tu y habites), qui peut être réévaluée après la vente. Le montant actuel du vendeur n'est pas un repère fiable pour ton budget. Estime-le en amont plutôt que de le découvrir sur ton premier avis.

Question 12 / 15Compréhension

Le bien est en zone de préemption : le notaire déclare la vente à l'administration, pour que le Pays ou la commune dise s'il veut acheter en priorité. Ce document s'appelle :

Réponse : B, la DIA. Courrier officiel par lequel on prévient l'administration qu'un bien situé en zone de préemption va être vendu. Le Pays ou la commune a 3 mois pour répondre (4 mois avec le droit de substitution du Pays) ; sans réponse, la vente se fait librement. Étape normale dans ces zones, le notaire pilote ça. La NRA te dit si le bien est concerné.

Question 13 / 15Vrai / Faux

« Dans une maison, tout se transforme avec du temps et de l'argent… sauf l'emplacement. »

Vrai. Tu peux refaire la cuisine, agrandir, repeindre, réaménager le jardin. Mais tu ne déplaceras jamais la maison. L'emplacement, c'est la seule décision vraiment définitive de ton achat. Raison de plus pour le hiérarchiser très tôt, avant de tomber amoureux d'une déco.

Question 14 / 15Cas pratique

La maison que je veux acheter a un permis de construire mais pas de certificat de conformité. La vendeuse dit que c'est régularisable. Que faire ?

Réponse : A, acheter sous condition suspensive de régularisation. Tu n'es engagé que si la mise en conformité aboutit. Si ça capote, la vente tombe et tu récupères tes billes. Cette clause se cale avec le notaire. Si le bien n'est pas régularisable : ça doit être écrit dans le compromis + prix ajusté.

Question 15 / 15Vrai / Faux

« Les "prospects", en urbanisme, ce sont les distances que ma construction doit respecter par rapport aux limites du terrain. »

Vrai. Les prospects sont les distances réglementaires à respecter par rapport aux voisins et à la route. Tu peux avoir le droit d'agrandir sur le papier… et te retrouver coincé parce que la maison est déjà trop près de la limite. Donc avant de te dire « j'agrandirai » : vérifie ce que tu peux concrètement construire, et de quel côté.

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Sarah Zimbris, professionnelle de l'immobilier en Polynésie
Qui écrit ce guide

Sarah Zimbris

Formatrice, coach & professionnelle de l'immobilier à Tahiti

15 ans d'immobilier, 400+ projets de vie accompagnés, 100+ agents formés, et j'ai aussi été intervenante à l'UPF (DU Droit et techniques de l'immobilier). Mon métier : rendre lisible un marché qui ne l'est pas. Mon parcours complet →

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Sarah Zimbris

Guide d'information à jour des textes en vigueur. Sources : Code de l'aménagement de la PF, PGA communaux, PPR (Plan de Prévention des Risques), doctrine de la DCA (Direction de la Construction et de l'Aménagement). Ne constitue pas un conseil juridique individualisé.

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