Guide indivision · La décision · Polynésie française
Sortir de l'indivision… ou pas ? Comprendre avant de décider.
Par Sarah Zimbris·Professionnelle de l'immobilier (N° TAHITI F 37560)·Publié le ·Mis à jour le ·11 min de lecture
La terre de famille est là depuis toujours. Et sur le papier, elle appartient à dix, cinquante, parfois des centaines de personnes à la fois. Ce guide ne va pas te dire quoi faire : il t'explique comment on en est arrivé là, tes droits réels, les voies de sortie qui existent vraiment, et les aides qui peuvent tout prendre en charge.
L'indivision, c'est quoi, déjà ? C'est quand un bien, une terre, une maison, appartient à plusieurs personnes en même temps, chacune pour une part abstraite (une quote-part), sans qu'aucun morceau précis n'appartienne à personne. C'est la situation de la grande majorité des terres polynésiennes : des indivisions qui regroupent parfois des centaines d'ayants droit, sur plusieurs générations. C'est le défi socio-économique majeur de la Polynésie française.
Ma position, d'entrée de jeu
Garder une terre de famille en indivision est un choix qui se respecte pleinement. Ce guide n'incite ni à vendre, ni à sortir. Il informe, parce que la pire des situations, ce n'est ni de garder, ni de vendre : c'est de subir sans comprendre.
Partie 1D'où vient l'indivision (et pourquoi elle est partout ici)
01.La terre n'est pas un bien comme les autres
Dans la culture mā'ohi, la terre, le fenua, n'est pas un simple bien immobilier. C'est un prolongement de l'identité et de la lignée : la terre nourrit, investit et « possède » l'homme, et non l'inverse. Celui qui est privé de son attache foncière est désigné par l'expression hutu pāinu : littéralement le fruit du Barringtonia emporté par la mer et échoué sur des plages lointaines. Selon le Dictionnaire de l'Académie tahitienne, le terme désigne celui qui n'a ni maison, ni famille, ni amis.
Le rite du pūfenua, l'enterrement du placenta au pied d'un arbre, sur la terre ancestrale, scelle charnellement l'appartenance de l'enfant à son territoire. Ce lien profond explique pourquoi tant de familles résistent à toute forme de dépossession foncière, même légale. Et je le redis : ce choix se respecte pleinement.
02.Comment les successions se sont figées : l'histoire en cinq étapes
Cinq moments-clés expliquent pourquoi on en est arrivé là :
Étape 1
Le système traditionnel
Les terres sont gérées collectivement sous l'autorité des chefs (les Arii), sans notion de propriété privée.
Étape 2 · 1842-1852
Le protectorat et les tomite
La propriété privée est introduite. Un décalage durable s'installe entre le titulaire inscrit et celui qui occupe réellement la terre.
Étape 3 · 1923
Le décret catalyseur
Ce texte fait de la licitation (vente forcée par la justice) la règle. Par peur d'être dépossédées, les familles cessent de déclarer les décès.
Étape 4
L'absence de fiscalité
Aucun droit de succession, aucune taxe sur les terrains non bâtis : rien ne crée d'urgence à régler les successions. Alors on ne les règle pas.
Étape 5 · Années 1960
Le CEP
Le Centre d'Expérimentation du Pacifique transforme l'économie de subsistance en économie de rente, et ravive des revendications sur des indivisions du XIXᵉ siècle.
Aujourd'hui
Des indivisions à 100+ ayants droit
Résultat : des généalogies de plusieurs générations jamais réglées, et des terres où 50, 100, parfois plusieurs centaines d'ayants droit doivent théoriquement se mettre d'accord.
Partie 2Ce que l'indivision bloque, concrètement
03.Quatre impacts qui se voient tous les jours
Impact 1
Le blocage économique
Un terrain indivis ne peut être vendu, hypothéqué ou exploité sans l'accord de tous. Des milliers d'hectares sont figés, sans projet possible.
Impact 2
La crise du logement
Sans titre individuel, difficile d'obtenir un permis de construire (un autre indivisaire peut s'y opposer), un prêt bancaire ou des aides au logement. Beaucoup de familles construisent dans l'illégalité, faute d'alternative.
Impact 3
La précarité sociale
La cohabitation contrainte sur des parcelles exiguës exacerbe la promiscuité et la pauvreté.
Impact 4
Les déchirements familiaux
Conflits d'usage, soupçons, parfois violences. Des litiges qui se prolongent sur des décennies devant les tribunaux, et des familles qui ne se parlent plus.
Je ne te liste pas ça pour te faire peur : la plupart des familles en indivision vivent très bien avec, tant qu'aucun projet ne se présente. Le sujet devient brûlant le jour où quelqu'un veut construire, emprunter, vendre sa part, ou simplement clarifier. C'est là que connaître tes droits change tout.
Envie de garder tout ça sous la main ?
Le guide complet, en version imprimable.
Toutes les parties, les tableaux (article 815, voies de sortie, contacts), à partager en famille, à imprimer, ou à emporter chez le notaire.
« Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. »
Code civil applicable en Polynésie française
Autrement dit : tout héritier, même très minoritaire, peut exiger sa part. C'est un droit d'action garanti, pas une promesse d'aboutissement rapide, mais c'est la base de tout ce qui suit.
Partie 3Tes droits : ce que dit vraiment la loi
04.La règle de base : personne n'est prisonnier
Pour les décisions du quotidien, la loi prévoit trois niveaux d'accord selon la gravité de l'acte :
Ce que tu veux faire
Qui doit être d'accord
Exemples
Protéger le bien (actes conservatoires)
Un seul indivisaire suffit
Réparations urgentes
Gérer au quotidien (actes d'administration)
La majorité des deux tiers
Louer en bail d'habitation, gestion courante
Engager le bien (actes de disposition)
L'unanimité, ou une décision du juge
Vendre, donner, hypothéquer
Un droit d'action, pas une promesse. L'article 815 garantit que personne ne peut t'empêcher de demander le partage. Mais en Polynésie, le chemin pour l'obtenir reste semé d'obstacles : généalogiques, numériques (50, 100, voire plusieurs centaines d'ayants droit dispersés), financiers, judiciaires et humains. C'est exactement pour ça que la suite de ce guide existe.
05.La loi de 2019 : belle sur le papier, quasi inapplicable en pratique
Sur le papier, la loi n° 2019-786 du 26 juillet 2019, relative à la Polynésie française, est une avancée historique : pour toute succession ouverte depuis plus de 10 ans, les indivisaires détenant au moins les deux tiers des droits peuvent faire réaliser un partage devant notaire, sans avoir besoin de l'unanimité. Ce dispositif est temporaire : il vaut pour les projets de partage notifiés avant le 31 décembre 2028.
L'éclairage des notaires
En pratique, presque aucun notaire n'accepte aujourd'hui de réaliser un partage sous ce régime. La procédure est lourde : notifier le projet à chaque indivisaire, le publier (journal d'annonces légales, affichage, site internet), puis attendre 3 mois d'opposition (4 mois s'il y a au moins 10 indivisaires ou un indivisaire à l'étranger). Une seule opposition renvoie le dossier devant le Tribunal foncier. Le risque de contestation est jugé trop élevé.
À retenir : ne fonde pas ta stratégie sur la loi de 2019. Tant que ce dispositif reste aussi peu utilisé, la voie judiciaire reste la solution réaliste. Et comme il s'arrête fin 2028 sauf nouvelle loi, demande à ton notaire où en sont les textes au moment où tu te lances.
06.Un seul indivisaire peut-il bloquer la vente à lui tout seul ?
Non, et c'est une idée reçue tenace. Le refus d'un indivisaire ne suffit pas à bloquer définitivement une vente. Si ce refus met en péril l'intérêt commun, un autre indivisaire peut demander au juge l'autorisation de vendre sans lui (article 815-5 du Code civil). Le juge apprécie au cas par cas, et la vente qu'il autorise s'impose à celui qui refusait.
Et la vente n'est pas forcément aux enchères : si la famille a déjà trouvé un acquéreur à un prix correct, le juge peut autoriser la vente à cet acheteur-là. L'indivisaire réfractaire reçoit alors sa part en argent.
Mon réflexe sur un bien indivis
Je ne prends pas de mandat de vente classique : tant que tous les indivisaires ne sont pas d'accord, ce serait te faire signer une promesse que la famille ne peut pas tenir. Je travaille en mandat de recherche, c'est l'acquéreur qui me mandate pour trouver, et j'oriente la famille vers le notaire dès le premier jour. C'est plus lent sur le papier, et beaucoup plus solide dans la vraie vie.
07.La licitation judiciaire : la vente décidée par le juge
La licitation, c'est la vente ordonnée par le juge dans le cadre d'un partage judiciaire, lorsque le bien ne peut pas être « commodément partagé en nature », c'est-à-dire découpé en lots. Elle intervient notamment quand :
le bien est matériellement indivisible (terrain trop petit, maison unique) ;
la division ferait perdre l'essentiel de sa valeur au bien ;
aucun indivisaire ne veut ou ne peut reprendre le bien.
⚠ Attention à ce que tu lis sur Internet
L'article 815-5-1 du Code civil, celui qui permet ailleurs aux détenteurs des deux tiers d'obtenir directement la vente aux enchères, n'a jamais été étendu à la Polynésie française. Ici, la règle reste : pour vendre un bien indivis, il faut l'unanimité… ou le juge.
Ses atouts, honnêtement : la licitation met fin définitivement à l'indivision, transforme une part figée en argent, et le prix est contrôlé par le juge via une expertise. Surtout, si le cahier des conditions de vente prévoit une clause de substitution, un indivisaire peut racheter le bien au prix des enchères, dans le délai prévu (souvent un mois) : le moyen de le garder dans la famille, même après une vente ordonnée. Cette clause se demande dès le début de la procédure, car le droit de substitution de la loi (article 815-15 du Code civil) ne vise que la vente aux enchères de la part d'un seul indivisaire.
08.Celui qui vit sur la terre depuis des années : peut-il garder la maison ?
C'est LA question qui déchire les familles. Un frère, une tante, un cousin s'est installé sur un coin de la terre, y a construit ou y vit depuis vingt ans. Le jour où la succession se règle, tout le monde se demande s'il va « garder » le terrain et la maison.
Première chose à savoir : vivre sur la terre ne lui donne pas plus de droits. Sa part reste la même que celle des autres. La prescription de 30 ans (celle qui permet parfois de devenir propriétaire en occupant) ne joue en principe pas entre membres d'une même indivision : sauf actes très nets de propriétaire exclusif, on considère qu'il occupe en tant qu'héritier. Pire, ça peut se retourner contre lui : s'il a occupé seul, les autres peuvent lui réclamer une indemnité d'occupation (article 815-9 du Code civil, sur 5 ans au plus). Et s'il a fait des travaux d'amélioration, on tient compte de la plus-value apportée au bien, pas forcément de ce qu'il a dépensé (article 815-13).
La seule vraie porte s'appelle l'attribution préférentielle. Au moment du partage, il peut demander que la maison lui revienne, à charge pour lui de dédommager les autres. Ce n'est pas un droit automatique : c'est une demande, et le juge peut dire non.
Les conditions, toutes en même temps :
Être héritier dans la succession, ou conjoint survivant du défunt (le conjoint ou l'enfant d'un héritier ne suffit pas).
Y avoir sa résidence au moment du décès, ou bien, et c'est une règle propre à la Polynésie française (loi n° 2019-786, article 1er), y résider depuis plus de 10 ans de façon continue, paisible et publique au jour où la demande de partage est déposée en justice. En clair : il y vit vraiment, sans interruption, au vu et au su de tous, sans que personne ne l'ait contesté.
Demander l'attribution dans le cadre d'un partage, amiable si toute la famille est d'accord, sinon devant le Tribunal foncier.
Payer une soulte aux autres, calculée sur une estimation juste de la maison (voir le point 09).
⚠ « Le terrain et la maison » : pas forcément les deux
L'attribution préférentielle vise le logement. Si la terre est grande, le juge peut lui attribuer la maison avec le sol nécessaire autour, et partager le reste entre les autres. Personne ne doit partir du principe qu'il récupère toute la parcelle.
À retenir : occuper, entretenir, construire ne fait pas de toi le propriétaire. La maison peut te revenir au partage si tu es héritier, que tu y vis depuis plus de 10 ans (ou depuis le décès), et que tu indemnises les autres à la vraie valeur. Et c'est le juge qui tranche. Bonne nouvelle : le partage avec attribution et soulte est pleinement compatible avec l'AISI (partie 6).
09.L'estimation juste : le point que tout le monde néglige
C'est l'un des aspects les plus sensibles d'un partage, et l'un des plus mal compris. Faire estimer un bien en dessous de sa vraie valeur n'est ni un bon plan, ni une économie : c'est une faute, qui peut spolier les autres indivisaires. Et la loi prévoit un garde-fou : un copartageant qui prouve avoir été lésé de plus d'un quart (25 %) peut réclamer un complément de part, dans les deux ans qui suivent le partage (article 889 du Code civil).
Pourquoi une estimation juste protège tout le monde :
Celui qui reçoit une soulte (la somme versée pour équilibrer le partage) : une sous-estimation lui fait perdre une partie de ce qui lui revient.
Celui qui rachète le bien : payer sur une base sous-évaluée l'expose à une contestation plus tard.
La famille entière : une estimation honnête évite les soupçons, les rancœurs et les conflits.
À retenir : fais évaluer le bien par un professionnel sérieux (professionnel de l'immobilier, notaire) à sa vraie valeur de marché, ni gonflée, ni minorée. La transparence est la meilleure protection de chacun. C'est exactement le type d'analyse que je réalise, et tu connais ma position : une estimation qui fait plaisir n'aide personne.
Partie 4Les mots et les chemins
10.Indivision, démembrement, copropriété : trois choses différentes
Ces trois mots se mélangent tout le temps dans les conversations. Ils ne désignent pas du tout la même situation :
Indivision
Une quote-part abstraite
Chacun détient une part du même droit de propriété. Personne ne possède un morceau précis : tout le monde possède un pourcentage de tout.
Démembrement
Usufruit + nue-propriété
Le droit de propriété est coupé en deux : l'usufruit (utiliser + percevoir les revenus) et la nue-propriété (la maîtrise du bien). Très fréquent dans les successions.
Copropriété
Un lot à toi + parties communes
Le régime des immeubles bâtis divisés en lots (les appartements). Chacun possède son lot + une part des parties communes. Rien à voir avec l'indivision.
11.Les voies de sortie : partage ou vente ?
Il n'y a pas une sortie d'indivision, il y en a six, et elles ne se valent pas selon ta situation familiale :
Voie de sortie
Le principe
À savoir
Partage amiable
Tout le monde est d'accord, devant notaire
La voie la plus simple, si la famille s'entend
Partage aux 2/3 (loi 2019)
La majorité des deux tiers impose le partage
Très peu appliqué en pratique (point 05)
Partage judiciaire
Le Tribunal foncier tranche
La voie principale aujourd'hui
Partage par souche
Division en grands lots, par branche familiale
Pour les indivisions très complexes
Rachat de quotes-parts
Un indivisaire rachète les parts des autres
Le bien reste dans la famille
Licitation (art. 1686)
Vente ordonnée en fin de partage judiciaire
L'aboutissement d'un partage, pas une voie autonome
Partie 5Qui appeler, et dans quel ordre
12.Le généalogiste successoral : la clé de voûte
C'est lui qui reconstitue l'origine de propriété et prépare la dévolution successorale complète : en clair, la liste officielle et prouvée de tous les héritiers, génération par génération. Sans ce document, rien ne peut avancer sérieusement.
⚠ Ne confonds pas les deux métiers
Un généalogiste familial (celui qui retrace ton arbre pour le plaisir) n'est pas un généalogiste successoral, titulaire d'une carte professionnelle délivrée par la DAF. Et seuls les actes d'état civil font foi : les fiches de la DAF aident, elles ne prouvent pas. Demande toujours les actes sur lesquels ta généalogie s'appuie.
13.Le médiateur foncier : renouer le dialogue
Un tiers neutre, prévu par la loi du pays n° 2017-37 du 30 novembre 2017 et titulaire d'une carte professionnelle de la DAF, qui facilite la communication entre proches en vue d'un accord amiable, ensuite homologué par le juge, c'est-à-dire validé officiellement. Quand la famille ne se parle plus mais que personne ne veut la guerre, c'est souvent par là que ça se débloque.
14.Le notaire : à consulter tôt, pas en dernier
Acte de notoriété (le document officiel qui établit qui hérite), recherches, rédaction de l'acte de partage, négociation entre les branches : le notaire est au cœur de toute sortie d'indivision. Le bon moment pour le consulter, c'est le plus tôt possible, avant même de chercher un acquéreur.
Le bon réflexe, dans l'ordre
Fais d'abord établir une dévolution successorale complète. Une fois ce document en main, consulte ton notaire : en cas de blocage d'un indivisaire, c'est lui qui t'indiquera la meilleure option pour ta situation. Sur un dossier d'indivision, ton interlocuteur privilégié, c'est lui, du début à la fin.
Emporte-le chez ton notaire
Le guide entier, en version imprimable.
Le PDF contient tout le guide mis en page, dont le tableau complet des contacts utiles (DAF de tous les archipels, Tribunal foncier, notaires, généalogistes agréés, médiateurs fonciers).
C'est le message le plus important de ce guide : l'argent ne doit jamais être la raison de rester bloqué. Des dispositifs existent, et ils sont puissants.
15.L'AISI · l'Aide Individuelle à la Sortie d'Indivision
100 %
des frais au maximum, selon les revenus du foyer
5 MF
CFP de plafond par dossier de sortie d'indivision
30 ans
de conservation du bien dans la famille (conditions à vérifier à la DAF)
Pour qui ? Les foyers aux revenus modestes (plafonds selon la composition du foyer), une fois le partage décidé : jugement définitif, partage amiable chez le notaire ou accord homologué après médiation. L'aide couvre tout ou partie des frais de notaire, d'avocat, de géomètre, de médiateur foncier, de généalogiste et les droits d'enregistrement et de transcription.
Point important : l'argent n'est jamais versé aux familles. La DAF règle directement les professionnels, une fois leurs prestations vérifiées. Pas d'avance à faire de ta poche sur les frais pris en charge.
L'AISI est-elle compatible avec ta situation ? Les repères ci-dessous sont à vérifier au cas par cas avec la DAF.
❌ Licitation remportée par un tiers extérieur à la famille → AISI exclue
✅ Licitation avec clause de substitution (un indivisaire rachète) → AISI possible
✅ Partage avec attribution et soulte (le bien revient à l'un, qui dédommage les autres) → AISI pleinement applicable
16.L'Aide Juridictionnelle (AJ)
Prise en charge totale ou partielle des frais de justice pour les revenus modestes. La demande se fait auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal de première instance de Papeete. Renseigne-toi aussi à la DAF : en matière foncière, la Polynésie finance une aide juridictionnelle spécifique.
17.Le titrement (Australes · Rurutu et Rimatara)
Une procédure unique (loi du pays n° 2020-6) pour les îles non recensées au XIXᵉ siècle : tu déclares la terre auprès de la DAF, la déclaration est publiée au JOPF, et sans opposition sous un an, un titre définitif est délivré. La procédure est prorogée jusqu'au 19 juin 2028.
18.Les contacts utiles
Organisme
Où
Pour quoi
DAF · Direction des Affaires Foncières
Papeete, Taravao, Uturoa, Mataura, Taiohae
Guichet unique, AISI, cadastre
Tribunal foncier
Papeete
Litiges fonciers, partages judiciaires
Notaires de Polynésie
Tous archipels
Actes de partage, notoriété
Généalogistes agréés
Liste auprès de la DAF
Recherches généalogiques opposables
Médiateurs fonciers
Liste auprès de la DAF
Médiation familiale
Et le jour où tu revendras ?
L'analyse de ton marché, gratuite, existe aussi pour la vente.
Tu en auras besoin un jour, dans 5, 10 ou 15 ans. C'est bon de savoir qu'elle existe déjà, chez moi, sans engagement.
Un seul héritier peut-il bloquer la vente d'une terre en indivision ?
Pas définitivement. Si la vente sert l'intérêt commun, les autres indivisaires peuvent saisir le juge, qui peut passer outre le refus et autoriser la vente par une décision motivée.
Qu'est-ce que le partage aux deux tiers de la loi de 2019 ?
La loi n° 2019-786 permet aux indivisaires qui détiennent au moins les deux tiers des droits d'imposer le partage. En pratique, cette voie reste très peu appliquée en Polynésie : la voie principale aujourd'hui est le partage judiciaire devant le Tribunal foncier.
Un membre de la famille peut-il racheter le bien après une vente aux enchères ?
Oui. Le droit de substitution (article 815-15 du Code civil) permet à un membre de la famille de racheter le bien au prix des enchères dans le mois qui suit.
Existe-t-il une aide pour payer la sortie d'indivision ?
Oui, l'AISI (aide individuelle à la sortie d'indivision), gérée par la Direction des affaires foncières, peut prendre en charge tout ou partie des frais des professionnels selon les revenus, jusqu'à 5 MF par dossier.
Le guide entier, mis en page pour être partagé en famille.
Tu viens de tout lire ici. Le PDF, c'est le même guide, proprement mis en page : pour le garder sous la main, le partager à tes proches ou aux autres indivisaires, l'imprimer et l'emporter chez le notaire quand tu iras.
Ce que tu récupères
Les 6 parties du guide, dans une mise en page propre : d'où vient l'indivision, ce qu'elle bloque, tes droits réels, les mots et les chemins, qui appeler dans quel ordre, et toutes les aides.
Les tableaux à emporter : article 815 (qui doit être d'accord pour quoi), les 6 voies de sortie comparées, et la liste des contacts utiles (DAF, Tribunal foncier, notaires, généalogistes agréés, médiateurs).
Version A4 imprimable avec cover et pagination, à photocopier pour la famille ou à annoter en marge.
QuizTeste ce que tu as retenu.
16 questions mixtes (V/F, QCM, cas pratiques). ≥ 16/20 tu maîtrises, 10 à 15 quelques points à revoir, < 10 mieux vaut relire.
Quiz indivision · 16 questions, scoring /20
Ton score se met à jour à chaque réponse.
0/20
0/16 répondues
01 · Vrai ou faux
« Personne ne peut sortir de l'indivision sans l'accord de tous les indivisaires. »
Faux. Article 815 : « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. » Tout héritier, même minoritaire, peut exiger sa part. C'est un droit d'action garanti, même si le chemin est long en pratique.
02 · QCM · 2 pts
La loi n° 2019-786 permet aux détenteurs des 2/3 d'imposer un partage. En pratique, en Polynésie :
C. Notification à chaque indivisaire, publicité, 3 à 4 mois d'opposition, et une seule opposition renvoie le dossier au Tribunal foncier. Trop risqué aux yeux des notaires : la voie judiciaire reste la solution réaliste. Et la loi de 2019 ne permet que le partage, pas la vente.
03 · Vrai ou faux
« Un seul indivisaire qui refuse suffit à bloquer définitivement une vente. »
Faux. Si ce refus met en péril l'intérêt commun, un autre indivisaire peut demander au juge l'autorisation de vendre sans lui (article 815-5 du Code civil). C'est une idée reçue tenace mais fausse.
04 · QCM
Pour louer un bien indivis en bail d'habitation, il faut :
A. Louer, c'est un acte d'administration : majorité des 2/3 suffisante. Vendre, en revanche, c'est un acte de disposition qui exige l'unanimité (ou le juge).
05 · QCM · 2 pts
Le bien familial va être vendu aux enchères (licitation). Un indivisaire veut pouvoir le racheter au prix atteint. Que faut-il savoir ?
B. L'article 815-15 du Code civil vise la vente aux enchères de la part d'un seul indivisaire. Quand c'est le bien entier qui est vendu, la substitution ne joue que si le cahier des conditions de vente la prévoit : à demander dès le début. C'est le moyen de garder le bien dans la famille, même après une licitation.
06 · Vrai ou faux
« Un généalogiste familial peut établir la dévolution successorale opposable devant le notaire. »
Faux. Le généalogiste familial retrace ton arbre pour le plaisir. Le généalogiste successoral (carte professionnelle de la DAF) prépare la dévolution pour le notaire et le juge, en s'appuyant sur les actes d'état civil, les seuls qui font foi. Ne confonds pas les deux métiers.
07 · QCM
L'AISI (Aide à la Sortie d'Indivision) prend en charge :
A. L'argent n'est jamais versé aux familles : la DAF règle directement les professionnels. Aucune avance à faire. Message clé : l'argent ne doit jamais être la raison de rester bloqué.
08 · QCM
Sur un dossier d'indivision, ton interlocuteur privilégié, c'est :
A. Le notaire est au cœur de toute sortie d'indivision : acte de notoriété, recherches, rédaction, négociation entre les branches. À consulter le plus tôt possible, avant même de chercher un acquéreur.
09 · Vrai ou faux
« L'article 815-5-1 du Code civil (partage aux 2/3 avec vente aux enchères directe) s'applique en Polynésie française. »
Faux. Cet article n'a jamais été étendu à la Polynésie française. Ici, pour vendre un bien indivis, il faut l'unanimité… ou le juge. Attention aux contenus généralistes trouvés sur Internet.
10 · QCM · 2 pts
Un cousin vit dans la maison familiale indivise depuis 15 ans. Au partage :
B. Occuper ne rend pas propriétaire, même après 15 ans. Mais la loi de 2019 permet en Polynésie de demander l'attribution préférentielle après 10 ans de résidence, au lieu d'exiger d'y vivre au jour du décès. Ce n'est jamais automatique : le juge apprécie, et il faut indemniser les autres.
11 · Cas pratique · 2 pts
Ta famille reçoit une offre d'achat. Un cousin insiste pour minorer l'estimation « pour que ça passe plus vite ». Ta réponse :
C. Une estimation juste protège TOUT le monde : celui qui reçoit une soulte, celui qui rachète (contestation possible), et la famille (soupçons et rancœurs évités). La transparence est la meilleure protection.
12 · Vrai ou faux
« Un médiateur foncier peut aider à débloquer un dialogue familial, avec un accord ensuite homologué par le juge. »
Vrai. Prévu par la loi du pays LP 2017-37. Un tiers neutre qui facilite la communication en vue d'un accord amiable, ensuite validé officiellement par le juge. Souvent le déblocage quand la famille ne se parle plus.
13 · QCM
Le titrement (loi du pays n° 2020-6) s'applique aux :
B. Une procédure unique pour ces îles : tu déclares la terre à la DAF, publication au JOPF, et sans opposition sous un an, titre définitif délivré.
14 · QCM
Indivision vs démembrement, c'est :
C. Trois choses différentes qui se mélangent tout le temps : indivision (quote-part abstraite), démembrement (usufruit + nue-propriété), copropriété (lot personnel + parties communes).
15 · Vrai ou faux
« Sarah Zimbris prend un mandat de vente classique sur un bien indivis dès qu'un des indivisaires le demande. »
Faux. Tant que tous les indivisaires ne sont pas d'accord, un mandat classique serait une promesse que la famille ne peut pas tenir. Sarah travaille en mandat de recherche (c'est l'acquéreur qui la mandate) et oriente vers le notaire dès le premier jour.
16 · Cas pratique
Ton indivision se débloque : partage qui se dessine, soulte à calculer. Le nerf de la guerre, c'est :
A. Une valeur faussée spolie quelqu'un et peut être contestée juridiquement (un copartageant lésé de plus d'un quart peut réclamer un complément pendant 2 ans). Une estimation de partage n'est utile que si elle protège TOUTE la famille. C'est exactement là que Sarah peut t'être utile, ce jour-là.
Tu as fait le tour : d'où vient l'indivision, ce qu'elle bloque, tes droits réels, les voies de sortie, les bonnes personnes et les aides. Tu en sais maintenant plus que la plupart des gens qui vivent une indivision depuis des années.
Et je vais être honnête avec toi : je ne vais pas te dire « appelle-moi pour ton indivision ». Ce n'est pas mon rôle. Une sortie d'indivision, c'est un dossier juridique et familial : ton interlocuteur privilégié, du début à la fin, c'est ton notaire, avec, selon les cas, le généalogiste successoral et le médiateur foncier (partie 5). Le bon premier pas, tu le connais maintenant : la dévolution successorale, puis le rendez-vous chez le notaire.
Là où je peux t'être utile, c'est plus tard. Le jour où ton indivision se débloque, un partage qui se dessine, un rachat de parts, une soulte à calculer, une licitation avec droit de substitution, il te faudra une estimation juste du bien. Tu as vu au point 09 à quel point c'est le nerf de la guerre. Ce jour-là, n'hésite pas à m'appeler.
« Je ne te donnerai jamais une estimation arrangée. Ni gonflée pour te faire plaisir, ni minorée pour arranger un rachat. Une estimation de partage n'est utile que si elle protège toute la famille. Je ne te mentirai jamais. »
Formatrice, coach & professionnelle de l'immobilier à Tahiti
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